
Le refus de mourir
Par HOCKEY30.com
Quoi?
Vous n’aimez pas ma comparaison «échos-vedettiènne» avec vos Glorieux favoris…
Elle est pourtant sincère. Vraiment!
Car le Canadien a été impressionnant encore hier soir.
J’insiste sur le mot encore.
Parce que ça fait six fois – trois contre Washington qui menait 3-1, deux contre Pittsburgh qui menait 3-2 et hier alors que le Canadien ne pouvait se permettre de tomber en arrière 0-3 – depuis le début des séries que le Canadien, qui agonisait au point de rendre son dernier souffle en cas de revers, trouve le moyen de faire mentir tous ces damnés prophètes de malheur qui annoncent son décès imminent en remportant un match qu’il se devait de gagner.
J’espère que ceux qui doivent se reconnaître se reconnaissent.
Oui, oui! Je sais très bien que je fais partie de ce groupe.
Mais faute avouée ne devrait-elle pas être à moitié pardonnée?
Ah! Je suis soulagé. Je vous remercie…
Et pour vous prouver que je suis sincère, je n’ai que des bons mots à écrire, à dire, même à penser, du Canadien ce matin.
Après deux matchs difficiles au cours desquels ils étaient bien petits vos glorieux, ils étaient beaucoup plus gros, plus forts, plus actifs, plus tout hier.
Et ce n’est pas parce qu’ils ont croqué dans les mêmes Froot Loops que Floyd Landis.
Non!
C’est à cause de vous.
C’était magique de vous entendre hurler votre joie et pousser votre bon petit club à être meilleur encore. À être grand. À donner pour une rare fois depuis le début des séries l’impression qu’il mérite vraiment sa place dans la grande danse du printemps.
À donner l’impression qu’il pourrait même dignement représenter l’Association Est en finale de la coupe Stanley.
Je m’emporte moi là…
Pas vraiment.
Pour la première fois depuis le début des séries, depuis le tout début des séries, le Canadien a gagné un match de hockey, un vrai, en dominant toutes les facettes du jeu.
Toutes!
Seul nuage flottant au dessus du match d’hier, et il est bien petit et d’un blanc tout inoffensif, le Canadien a bousillé un cinq contre trois qui, il faut l’admettre, a été fractionné par le premier entracte.
Mais il s’est bien repris, en fin de match, encore à cinq contre trois, alors que Marc-André Bergeron a enfilé le cinquième but du Canadien. Un but qui ne voulait rien dire, car la victoire était acquise depuis un bon moment déjà.
Depuis le tout début de la rencontre même.
Mais un but qui a permis de marquer une première fois en six attaques massives dans le match, en 14 attaques à cinq depuis le début de la finale.
On verra les conséquences positives dans le 4e match qui sera disputé demain à 15 h.
N’allez donc pas à la plage d’Oka, au camping chez Ginette, à la ronde ou au golf demain après-midi en vous disant que vous vous gaverez de hockey en soirée.
Car vous serez quittes pour le Canadien Express à RDS, pour un vieux film à TVA, un jeu innocent avec une traduction en français moribonde à V qui est sans doute la façon texto de résumer la phrase suivante : Va Voir ailleurs parce qu’ici il n’y a rien à Voir ou une reprise d’un match de l’impact que la SRC a oublié de diffuser l’an dernier…
Je blague à peine!
Pour revenir au hockey et à votre club, il a joué du gros hockey. Du vrai hockey, du hockey comme je l’aime.
Et plus le spectacle sur la patinoire était beau, plus vous étiez hystériques dans les gradins – cela dit avec affection et avec tout le positivisme que vous me connaissez – et plus j’appréciais ce qui se passait autour de moi.
Je vous assure que j’ai esquissé quelques sourires lors du match.
Des sourires de satisfaction. Je me suis même dit qu’en jouant comme ça plus souvent, et en comptant sur une foule aussi sincère, je pourrais peut-être même me laisser tenter à joindre vos rangs.
Mais n’ayez crainte. Ça n’arrivera pas.
D’abord, je n’ai pas le droit. Mon devoir de réserve m’oblige à un peu de retenue.
Et avouez que vous sériez bien mal pris si je commençais à pensez comme vous et à ne dire que des bonnes choses sur votre club, à me laisser bercer d’illusion, à rêver éveillé.
Vers qui alors vous pourriez acheminer vos doléances, pour ne pas dire vos bêtises, des bêtises que vous envoyez par trains, par bateaux, et par courrier recommandé pour vous assurer de ne pas vous tromper d’adresse…
C’est ce que je me dis.
Tout ça pour dire que le Canadien a joué un grand match de hockey hier. Pas d’anti-hockey, pas d’autre joue tendue devant un adversaire trop fort, pas de cheval de Troie garé dans le vestiaire ennemi.
Une victoire, une vraie.
Avec du patin, des épaules, du cran, du talent.
Avec tout ce que cela prend pour gagner un match de hockey.
Et ils ont tous été bons. Tous! À part peut-être Ryan O’Byrne qui n’a pas eu le temps d’être bon, ou mauvais, puisqu’il a été confiné au banc après avoir amorcé son premier match de la série avec une pénalité qui a raccourci de moitié, une laisse qui était déjà très courte.
Pour les autres que des bons mots.
À commencer à Jaroslav Halak. Il n’a pas eu d’étoile le Jaro hier. Il n’a eu à faire face qu’à 26 tirs.
Mais sur les trois premiers, il a privé les Flyers de trois buts en se dressant devant Chris Pronger, Ville Leino et Claude Giroux.
Gardé dans le match par son gardien, le Canadien a ensuite marqué le premier but grâce au 13e de Michael Cammalleri.
Le Canadien n’a jamais regardé en arrière par la suite.
Tom Pyatt et Dominic Moore qui, avec Maxim Lapierre, formaient le meilleur trio du Canadien hier, ont doublé et triplé l’avance du Canadien.
Brian Gionta a évité toute chance de remontée avec son 8e des séries en troisième.
Ce qui fait que lorsque Simon Gagné a marqué un septième but en sept matchs depuis son retour au jeu – il fait tout ça avec un gros orteil maintenu en un morceau par deux vis – il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.
Et que dire que Roman Hamrlik.
Il a terminé la soirée avec un plus-4 et une bagarre avec Scott Hartnell en toute fin de match alors que les Bullies de Broad Street ont tenté de passer leurs frustrations pour préparer la prochaine partie.
Elle est à 15 h samedi. Est-ce que je vous l’ai déjà dit?
Même Daniel Brière y est allé d’un geste qui est loin d’être caractéristique de son grand talent, de sa classe, de sa gentillesse.
Mais quand on se fait planter comme les Flyers se sont fait planter hier, il est difficile de rester calme.
Ce n’est qu’un match, a dit l’entraîneur-chef Peter Laviolette qui a ensuite bien analysé la rencontre.
«J’ai toujours cru que la hargne et le désir de vaincre étaient plus importants que le momentum. Les équipes qui jouent avec l’énergie du désespoir sont dangereuses. Ils nous ont dominés ce soir. Mais ce n’est qu’un match. Nous serons meilleurs lors du prochain», a-t-il ajouté.
Il a raison.
Mais en gagnant comme il l’a fait hier, le Canadien s’est donné le droit de se bomber le torse aujourd’hui et de sincèrement croire en ses chances de niveler la série dès demain.
Oui, oui, le match est à 15 h…
Et vous savez quoi? La réaction des joueurs des Flyers qui ont décidé de faire du grabuge en fin de troisième est un reflet éloquent que les gars habillés en orange réalisent qu’après les Capitals et les Penguins, ils pourraient eux aussi se faire surprendre par le Canadien.
L’équipe qui va gagner samedi va gagner la série.
Entre les lignes
- Le match s’est amorcé dans un vacarme impressionnant. Les encouragements des partisans étouffant les cris pourtant stridents de leurs sifflets, les arbitres et juges de lignes ont alors dû lever les bras au ciel pour signaler les arrêts de jeu. Bravo!
- Le but de Michael Cammalleri en première a mis fin à une disette offensive de 137 :05 du Tricolore…
- Cammalleri occupe maintenant seul le 4e rang des marqueurs du Canadien lors d’un printemps spécifique. Son prochain but lui permettra de rejoindre Frank Mahovlich qui en a marqué 14 en 1970-1971.
- Yvan Cournoyer est deuxième avec 15 en 1972-1973 et c’est Newsy Lalonde qui mène avec 17 en 1918-1919…
- Cammalleri est rendu à 19 points. Frank Mahovlich domine avec 27 points récoltés en 1970-1971…
- Pour rester dans l’histoire, c’était la 400e victoire du Canadien en séries depuis qu’il évolue dans la LNH…
- Cette victoire à mis un terme à une séquence six victoires de suite des Flyers ce printemps et à une séquence de six revers de suite, en séries, du Canadien contre Philadelphie…
- Ce but de Cammalleri a aussi mis un terme à la séquence de perfection de Micheal Leighton qui n’aura pas accordé de but pendant 172 minutes et 55 secondes….
- Le record de Brian Boucher (184 :45) établi au printemps 2000 tient donc toujours…
- Glen Metropolit n’a rien fait de spectaculaire lors du match, mais avec 12 mises en jeu remportées sur les 14 disputées (86 %), il a rendu de fiers services à son équipe…
- Brian Gionta a dominé les joueurs des deux équipes avec sept tirs au but. Il s’était fait voler à deux reprises avant de finalement marquer en troisième. Il a aussi profité d’une échappée dès la reprise du jeu après son but. Gionta a 15 tirs lors des deux derniers matchs…
- Les joueurs des Flyers ont terminé la soirée avec un différentiel collectif de moins-15. Cela prouve que le Canadien a gagné hier à cause de son efficacité à cinq contre cinq. C’est rare…
- Petit rappel : le match numéro quatre sera présenté samedi à 15 h. À cause de nos amis de NBC.
- En passant, pas besoin de crever des pneus ou de vandaliser leurs cars de reportages. Laissons ça aux abrutis de Philadelphie…

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